C’est une question récurrente pour tous les randonneurs au départ sur le chemin de Compostelle. Si vous n’avez aucune obligation professionnelle et familiale, vous pouvez choisir la période qui vous semble idéale sinon, voici en détail, une revue des avantages et inconvénients pour chaque saison.

Combien de temps vous voulez partir ?

Si vous envisagez de marcher seulement quelques jours, ou au contraire plusieurs semaines, votre approche ne sera pas la même. Si vous êtes également un habitué de la randonnée pédestre, vous ne manquerez probablement pas de motivations à faire le chemin de Compostelle à pied et comme dit l'adage "pluie du matin n'arrête pas le pèlerin". La météo du départ, après plusieurs dizaines de jours de marche, ne sera pas la même à l’arrivée. En plus le climat est complètement différent entre Arles, Vezelay et le Finisterre. Même entre les quatres voies historiques, il y a des différences notables. Entre celle qui suit l'atlantique, celle qui parcours les sentiers intérieurs et celle qui démarre à Arles au coeur de la Provence, vous ne devrez pas affronter les même éléments climatiques.

Même si l'on peut parcourir les Chemins de Saint-Jacques par tronçons et sur plusieurs années, ces routes de pèlerinage, restent avant tout, des chemins de grande randonnée. Inscrits au patrimoine Mondial de l'Unesco, certaines portions de la via podiensis présentent des étapes incontournables comme le petit village de Conques et son Abbaye ou Roncevaux au passage de la frontière espagnole... 
Vous serez peut être amenés à affronter les pluies au pays Basque, la neige dans la haute-loire, la chaleur dans la meseta, ou encore le vent glacial pour le passage des pyrénées. Mais avant de prendre le chemin, petit tour d'horizon des avantages et inconvénients en fonction de la saison où vous envisagez de partir.
               
Partir en hiver (Novembre à Février) :

C’est probablement la période la plus difficile, c’est aussi la période où vous pourrez cheminer seul, vraiment seul. Sur une période courte (10/15 jours) c’est tout à fait envisageable, mais vous allez être confrontés à de véritables difficultés.
S’il peut être agréable de marcher par un temps froid et sec, votre sac à dos va considérablement s’alourdir avec vos vêtements chauds. La météo capricieuse risque aussi d’être un obstacle majeur, notamment pour la traversée de l’Aubrac, des Pyrénées mais également de la Meseta. Vous risquez de trouver la neige en altitude et d’être contraint de suivre la route plutôt que le chemin.
Avec des températures glaciales, le risque d’hypothermie est élevé et à moins d’être un baroudeur entrainé votre chemin risque vite de se transformer en calvaire. L’autre grosse difficulté, c’est qu’une grande majorité de refuges et de gites sont fermés pendant la saison hivernale, vous obligeant à faire de très grosse étapes et parfois à modifier la longueur de vos étapes.
En hiver, il passe quand même 5 à 15 pèlerins par jour à St Jean Pied de port, alors pourquoi pas vous ?


Partir au printemps
(mars à mai) :

C’est le début de la saison, en mars, le chemin en France est relativement calme mais dès le mois d’avril le flot de pèlerins randonneurs grossit jours après jours. Au mois de mai, il y a beaucoup d’affluence sur le chemin. Le printemps n’est pas forcément synonyme de beau temps, l’année 2013 en est une triste illustration puisque la pluviométrie a atteint des records et là, c’est l’assurance de vous retrouver avec des chaussures trempées.
Vous pouvez également être confronté à la neige sur l’Aubrac ou dans les Pyrénées. Mais les températures peuvent aussi être clémentes voir très agréables, idéales pour marcher sac au dos. Il vous faudra tout de même prévoir des vêtements chauds pour ne pas vous retrouver dépourvus.
Le printemps, c’est aussi le réveil de la nature avec des paysages superbes et pleins de couleurs. De belles lumières peuvent permettre aux photographes de réaliser de bien jolis clichés.


Partir en été
(juin à août) :

En juin, la fréquentation reste élevée de même que pendant les vacances scolaires. A cette période, vous rencontrerez plus de randonneurs que de pèlerins et l’état d’esprit n’est plus du tout le même. Au niveau météo, vous pouvez être confrontés à des orages mais aussi à des températures élevées. Partez très tôt le matin, raccourcissez vos étapes et n’hésitez pas à faire une sieste à l’ombre d’un arbre ou auprès d’un ruisseau pendant les heures les plus chaudes. Evitez de marcher entre midi et seize heures. Vous pouvez très bien arriver vers 18/19 heures à votre hébergement.
L’été, les journées sont longues et c’est certainement ce qui est le plus appréciable.


Partir en automne
(septembre à novembre) :

C’est peut être la période idéale pour plusieurs raisons. L’arrière saison est souvent très belle et même si la fréquentation est encore importante vous pourrez cheminer en toute sérénité.  Vous trouverez des pommes à croquer ou des noix à ramasser et avec un peu de chance vous pourrez vous faire une poêlé de champignons. Les températures sont souvent très agréables jusqu’à la mi-octobre et relativement peu pluvieuses et les sentiers restent secs.. Le principal inconvénient, c’est que les journées peuvent paraitre courtes (surtout fin octobre après le passage à l’heure d’hiver).
Par contre plus vous avancez dans la saison moins vous rencontrez de monde et vous pouvez très bien vous retrouvez tout seul le soir au gite. Ce n’est pas toujours très joyeux, à moins que l’on recherche la solitude.

Et vous, quelle est votre période préférée pour marcher vers Saint-Jacques de Compostelle ?