Il existe en France de multiples voies, connues et balisées, pour marcher jusqu'à St-Jacques. Cependant la tradition voudrait que l'on parte de chez soi pour relier le chemin le plus proches.
Il y a quatre voies, dites "principales"... car ce sont, avant tout et au delà des seuls aspect historiques, les plus pratiquées.

La voie du Puy ou via Podiensis :
C'est probablement la voie la plus connue. Certaines de ses portions sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. 20 à 25 000 pèlerins empruntent cette voie tous les ans. Environ 750 kilomètres séparent la ville du Puy-en-Velay en Haute-Loire de Saint-Jean-Pied-de-Port au pied des pyrénées. La diversité des paysages et la richesse du patrimoine local, vous amènera à découvrir des hauts lieux du pèlerinage, comme le petit village de Conques et son abbaye, ou même le pont Valentré qui enjambe le lot à Cahors.
C'est le plus ancien des itinéraires vers Compostelle, il a été aménagé dès les années 1970 par la FFRP.

La voie d'Arles ou via Tolosona :
Au coeur de la Provence, la via Tolosana démarre de la ville d'Arles, traverse le Parc Naturel du Haut-Languedoc pour rejoindre la ville rose de Toulouse en longeant la canal du midi.  Ce chemin file ensuite jusqu'à Oloron-Sainte-Marie dans la vallée d'Aspe, juste avant de passer les pyrénées au niveau du col du Somport.
Historiquement, la voie d'Arles permettait la jonction entre les voies italiennes et espagnoles. Certains Italiens empruntent cette voie pour faire le pèlerinage entre Rome et Saint-Jacques de Compostelle (deux sites majeurs de la Chrétienté).

La voie de Paris ou via Turonensis :
Au départ de Paris, la via Turonensis démarre au pied de la Tour St-Jacques dans le 4ème arrondissement, rejoins la ville de Tours (d'ou son nom) puis la ville de Bordeaux avant de plonger sur les pyrénées.

La voie de Vézelay ou via Lemovicensis :
Cette voie au départ de Vézelay dans l'Yonne, rejoins Limoges jusqu'au petit village d'Ostabat, au Pays Basque, où elle fusionne avec la voie du Puy et la voie de Paris. Au départ de Vézelay, il existe également une autre voie qui permet de relier la ville du Puy en Velay en parcourant le GR13 puis le GR 3.

Après le passage des pyrénées, au niveau du col du Somport pour la voie d'Arles et à Roncevaux pour les trois autres, les quatre voies françaises convergent vers la ville de Puenta la Reina ou démarre le Camino Francès, qui vous mènera alors, vers la ville de Saint-Jacques.

En dehors, de ces quatre voies historiques, il existe une multitude de variantes, de voies de liaison, de chemins alternatifs. En vrac, on peut par exemple citer la voie du Piémont dans les pyrénées, la via Arvena qui traverse le massif central, les chemins du Mont St-Michel, mais il y en a tellement d'autres que vous avez probablement trouvé, aux hasard d'une de vos ballades ou d' une de vos randonnée, la célèbre coquille, balise incontournable des chemins de St-Jacques.

Mais alors quel chemin choisir ? 

Chaque voie à ses adeptes et défenseurs, mais la réponse reste très individuelle. On peut cependant prendre en considération différents éléments objectifs pour orienter son choix.

  • Combien de temps voulez vous partir ? Si vous ne voulez marcher que quelques jours sur le chemin, vous pouvez facilement déterminer vos choix en fonctions de vos motivations personnelles, de la proximité avec telle ou telle voie.
  • Quelle est votre capacité physique ? Quelque soit la voie choisie, et même si les quatre voies sont accessibles à tous et à toutes, sans aucune préparation physique poussée... certaines de ces voies sont plus exigeantes physiquement ou moralement. 
  • Est ce votre première randonnée au long court ? Partir marcher pour quelques jours de marche ou pour plusieurs semaines, ne demande pas du tout la même approche.

Nos conseils :

Si vous êtes débutant.e : La voie du Puy propose une infrastructure éprouvée, avec de nombreux prestataires (hébergements, restauration, portage de sac à dos). Vous pourrez y randonner l'esprit tranquille.
Sur ce chemin vous pouvez fractionner votre pèlerinage en petit tronçon et augmenter progressivement en fonction de vos capacités et/ou de vos envies. La première partie vous permet de découvrir et traverser des paysages magnifiques, comme la margeride ou l'aubrac. Pour certains, c'est le plus beau chemin, pour d'autres il est victime de son succès (avec tous les aléas qui vont avec).
C'est aux mois de mai et juin et entre le Puy et Conques qu'il y a le plus de randonneurs. Malgré la fréquentation parfois importante, vous pouvez sortir un peu des étapes prédéfinies et faire de très belles rencontres. Dans les gites, les longues journées du printemps favorisent les discussions et les moments de partage.
Si vous préférez un peu plus la solitude, l'automne peut également être une très belle période pour vous lancer sur ce sentier mythique. Les lumières sont splendides et vous ne serez pas en reste quand à la possibilité de croiser des pèlerin.e.s venus de tous les horizons.

Si vous n'avez pas besoin d'être rassuré sur l'endroit ou vous allez dormir, si vous n'avez pas besoin  de faire porter votre sac, si vous êtes prêts à faire quelques kilomètres de plus, vous pouvez également vous lancer sur la voie de Vezelay ou de Paris. Ces deux voies, ne présentent pas de grandes difficultés en terme de dénivelé, mais les possibilités d'hébergement ou de restauration sont parfois restreintes.

Si vous avez un peu d'expérience : Si vous avez déjà arpenté la voie du Puy-en-Velay, ou si vous avez déjà une bonne expérience de la randonnée, vous pouvez alors vous aventurer sur la voie d'Arles ou sur une des voies moins réputées. Bien souvent sur ce genre d'itinéraire, la difficulté ne réside pas dans le profil des étapes, mais plutôt dans certaines contraintes dans les découpages de votre itinéraire. L'absence d'hébergement vous obligera de temps en temps à pousser vos limites un peu plus loin, à moins que vous ne soyez en autonomie totale.
En fonction de la saison, vous serez parfois le seul à l'étape du soir et en cas d'une petite baisse de moral, ou d 'une difficulté passagère, vous ne trouverez peut être pas d'autres marcheurs pour vous réconforter ou vous remonter le moral. Parfois, il vous faudra également prévoir de porter de quoi vous alimenter pour la journée ou le repas du soir.
Autre difficulté aussi, le tracé des chemins dits "secondaires" n'est pas toujours bien repéré ou balisé. Il faut alors savoir lire une carte ou un topo-guide et pouvoir s'orienter, même s'il y a peu de risques de se perdre totalement.

Vous avez déjà bien bourlingué : Vos avez déjà honoré toutes les reliques de l'apôtre, parcouru la plupart des grandes routes vers St-Jacques-de-Compostelle, traversé plusieurs fois la frontière espagnole,  alors nous n'avons pas de conseils particulier à vous donner. 

Mais peut être que vous pouvez nous faire part de vos expériences  dans les commentaires.