Le chemin de compostelle est-il dangereux ?

Quels sont les risques réels ?

Temps de lecture : 03:30 mn

Les dangers sur le chemin de compostelle

Partir sur les chemins de Compostelle pour un périple au long court génère légitimement, mais comme pour tout voyage, son lot de questions et d'inquiétudes. Après les questions sur le sac à dos, le nombre d'étapes, le découpage, invariablement la question de la sécurité sur les chemins revient en force, qui plus est si on est une femme.

Mais quels sont les risques réels sur le chemin de Compostelle ?

Autant le dire tout de suite, le risque zéro n'existe pas mais les cas d'agression sur le chemin sont fort heureusement, relativement rares. Bien qu'il n'existe aucune statistique sur le sujet, on en a recensé moins d'une vingtaine sur les dix dernières années et la grande majorité ont eu lieu en Espagne, ou la fréquentation est bien plus importante qu'en France.
Le meurtre de Denise Thiem disparue en Avril 2015, en marchant sur le Camino dans le Nord de l’Espagne a eu retentissement international, tant l'horreur du crime, l'emportait sur l'esprit et les valeurs du chemin. Et si l'on ne peut réduire cet acte odieux à une simple statistique, il ne faut pas perdre de vue que plus 200 000 pèlerins foulent les chemins espagnols.

Le chemin est sûr :

Pour faire peur ou taper dans le sensationnel, on pourrait évoquer les différentes affaires relatées par la presse locale, mais ce serait donner une dimension plus importante à des faits relativement isolés. On peut le dire, mais le risque d'agression sur les voies les plus fréquentées est très faible. A moins de partir à la basse saison, il y a toujours du monde (notamment sur le GR65) et vous randonnerez rarement tout(e) seul(e). Inversement sur les voies les moins courues, c'est aussi parce qu'il y a moins de monde que le risque de subir une agression est plus faible. 
De plus vous allez pour l'essentiel, traverser des territoires ruraux, sur lesquels la délinquance et l'insécurité sont bien plus faible que dans n'importe quelle grande ville.
Il y a comme une vilaine fatalité à être au mauvais moment au mauvais endroit, mais c'est vrai à peu près n'importe où.
En bivouac, les choses ne sont pas vraiment différentes pour peu que vous choisissiez bien le lieu où vous aller passer la nuit. Par expérience, plus c'était isolé, plus j'étais tranquille et dans tous les cas, je n'ai jamais vu personne lorsque j'étais perdu près d'un ruisseau au fin fond de la campagne française. De plus, les abris de type tarps sont bien souvent dans des couleurs proches du camouflage que de l'orange fluo. Par contre il n'est pas improbable que durant la nuit, vous ayez quelques visiteurs nocturnes comme des renards, des blaireaux ou autres animaux sauvages.

Quels sont donc les vrais risques ?

La probabilité de vous faire mordre ou agresser par un chien, est plus importante que celle de croiser un exhibitionniste. Et encore, les chiens que l'on peut parfois croiser à l'entrée des fermes, s'ils semblent parfois menaçants sont également habitués à voir passer des randonneurs en route vers Santiago.

L'autre risque, c'est de s'égarer et de s'éloigner du chemin. Le balisage est régulièrement entretenu, mais perdu dans vos pensées vous n'avez peut être pas vu le signe qui vous indiquait de tourner à droite, mais ce n'est pas parce que vous êtes perdu, que soudain vous arrivez dans une zone ou les crocodiles côtoieraient les serpents les plus venimeux.

Le vol, notamment à l'étape ne sont pas fréquents non plus, mais il arrive régulièrement, comme du temps des coquillards, que des pèlerins se fassent délester de leur bourse ou d'effets personnels. Ce n'est malheureusement pas propre au chemin, des indélicats, il y en a malheureusement presque partout.

Il y a sur les chemins, une grande bienveillance que ce soit de la part des profesionnels, des habitants ou des pèlerins eux mêmes. Si vous avez quelques appréhensions à partir, vous verrez quelles se dissiperont très vite au contact des autres randonneurs. 

La peur de se faire agresser ne doit surtout pas être un frein plus important que votre envie de partir et à moins d'avoir un mauvais karma, il ne devrait rien vous arriver. Et vous est ce que vous partagez ce sentiment que le chemin est relativement sûr ?

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Isabelle

J'ai fait une petite partie du chemin en octobre 2003, seule et effectivement, on croise des gens bienveillants presque quotidiennement , est ce propre au chemin de Compostelle , je ne sais pas, mais c'est avec beaucoup de plaisir et vraiment sans appréhension que je recommencerai . 🥾

06 janvier 2022 - 11 h 22

Lionel

La peur n'évite pas le danger, mais c'est vrai que le chemin est plutôt "safe"

07 janvier 2022 - 21 h 05

Gilles Moreau

Parti 15 jours depuis le Puy, je repars pour deux mois et "hors saison" si on peut appeler hors saison le fait de partir février/mars. Aucune peur de mon coté. En octobre il m'est arrivé de marcher des jours entiers en ne voyant que une ou deux personnes. Ma seule peur, plutôt crainte reste les chiens. J'en ai fais les frais vers Livinhac-le-Haut ou un chier sortie d'une ferme fonça littéralement sur mes mollets tous crocs menaçants. J'ai du mon salut à mes deux bâtons qui ont mis à distance l'animal. J'ai continué en marchant à reculant tout en le tenant à distance le temps qu'il se mette dans la tête que j'étais prêt à défendre mes mollets à tout prix... Il est reparti comme il est venu. J'en menais pas large je reconnais. Mais cela ne m'empêche pas de repartir.

08 janvier 2022 - 23 h 53

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